Rose / My Table

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08-05-12

Rose

Rose

Rose et My Table, deux pétillantes boutiques face à face, créées par Elodie Gleis. Il est très agréable d'y flâner et d'y trouver le cadeau idéal pour les gens qu'on aime...

Nous avons posé quelques questions à Elodie :

C'est quoi la philosophie de Rose?

Rose existe depuis maintenant huit and et demi, et le magasin a évolué clairement au fil des années. Il y a huit ans, c'était beaucoup moins chargé qu'aujourd'hui. Ça s'est chargé au fil des années avec de plus en plus de marchandise; c'est surtout ça la grosse différence. Côté stock, ça a vite été des choses de couleur, et les choses rangées par couleur - ce qui fait un peu la marque de fabrique de la maison. Ça a évolué avec les saisons, les modes, les influences, etcetera, et en fonction de mes gouts aussi. Mais la philosophie reste la même. C'est à dire qu'on a vraiment un échantillon de choses dans une gamme de prix large. Si tu viens avec quatre euros, tu vas pouvoir trouver un petit cadeau à quatre euros, et si parfois tu viens avec deux cents euros pour t'acheter un sac, tu trouveras cela aussi. Tout le monde n'a pas toujours un gros budget, soit pour se faire plaisir ou pour faire plaisir à quelqu'un. Mais on essaie de donner la possibilité d'offrir quelque chose de sympa, un peu originale, et toujours bien emballée, toujours dans un chouette sac avec une carte postale. C'est aussi ça, je crois, qui fait le cachet.

Et la philosophie de My Table?

My Table, c'est une idée que j'avais depuis très longtemps. J'avais envie de faire quelque chose dans l'art de la table - même si je n'aime pas du tout ce terme, mais il n'y a pas vraiment un équivalent un peu plus sympathique! C'est ce qu'on appelle en Angleterre "gift food", qu'on n'a pas tellement développé ici en Belgique. Plutôt qu'aller chez des amis avec un bouquet de fleurs, c'est d'aller avec un chouette paquet des biscuits, ou un mug, ou un chouette objet pour la table. My Table reste quelque part le prolongement de Rose dans un secteur un peu différent, que je n'avais pas la place de faire chez Rose.

Vous n'aviez pas peur que My Table prenne le publique de Rose, ou vice-versa?

C'est quand même une offre différente. Au début, quand j'ai su que j'allais faire My Table, je me suis dit que j'avais plein d'articles de chez Rose qui allaient traverser. Je pense que c'était une manière de me rassurer. Comme je n'avais pas encore fait les salons en pensant aux achats pour My Table, ça me rassurait de me dire que j'avais déjà de quoi remplir un peu le magasin. Puis après avoir fait les salons je me suis dit que je pouvais quand même mettre des choses différentes chez My Table. Je crois que j'ai bien fait, parce que les gens sont habitués à cet univers Rose, un mélange de plateaux, des petits objets... Finalement, les tasses Pantone sont les seuls objets qui ont traversé la rue. Le reste est resté chez Rose.

Comment avez-vous trouvé le nom "Rose" ?

Comme je travaillais dans la publicité avant, je voulais un nom court et facile. J'aimais bien le nom Rose parce que c'était court, féminin; à la fois une fleur, un prénom, une couleur. C'était assez juste par rapport à l'univers du magasin. Je trouve que l'endroit est super, le quartier est très chouette et un magasin sur un coin a toujours une visibilité que tu n'as pas quand tu es dans une rangée. Je dis toujours que si on me dit demain que j'aurais pour le même loyer un magasin à la Toison d' Or ou au Boulevard de Waterloo, je ne voudrais pas y aller! On a beaucoup de chance par rapport à cela.

Pourriez-vous nous expliquer votre parcours?

J'ai une licence en journalisme et communication à l'ULB, et après cela j'ai fait une licence spéciale en gestion de ressources humaines. Puis j'ai commencé à travailler - je pense, comme plein de gens, en prenant le premier boulot qui m'est tombé dessus, sans vraiment savoir ce qu'on veut. C'était dans une boîte de télécom et quand je réfléchis maintenant, je me dis, qu'est-ce que j'ai été foutre là?! Mais bon, c'était un premier boulot.

A un moment donné je me suis dit que ce n'était pas cela que j'avais envie de faire, mais sans vraiment savoir très bien ce que je voulais. Puis en discutant avec quelques personnes, je me disais que ça devrait être chouette de travailler dans une agence de pub. C'était assez naïf. J'étais copywriter, vraiment quelque chose qui me plaisait. Et je travaillais avec Antoinette, une de mes meilleures amies, c'était gai. Par contre, vu de l'extérieur ça a un côté glamour, où tout le monde rigole, c'est chouette, on est avec des jeunes et tout... mais c'est aussi très stressant, très frustrant. Tu produis énormément de choses, et ce qui en sort est vraiment une toute petite partie, et pas forcément celle que tu préférais. On y passait des nuits. A un moment donné j'ai eu une espèce de trop plein, et quasiment du jour au lendemain j'ai donné ma démission.

J'ai travaillé pendant six mois dans un Pain Quotidien et j'étais contente - ça m'a vidé la tête, et ma journée était finie à six heures du soir. Et puis Antoinette me disait, allez, reviens, on n'était pas dans les bonnes agences, on n'a pas eu de bol, il faut qu'on travaille ensemble, et tout... Je me suis un peu laissée convaincre, et on a recommencé à travailler ensemble dans la pub pendant plus ou moins un an et demi. Puis on savait que l'agence pour laquelle on travaillait allait fermer, et je me suis dit, maintenant ça suffit. Qu'est-ce que je vais faire? Et je me suis dit juste comme ça... Tiens, pourquoi pas un magasin?

J'ai commencé à me renseigner, mais quand je regarde cela avec du recul, je me dis que c'était tellement pas pro! J'ai commencé à faire les salons tout en continuant à travailler à l'agence. Puis l'agence a fermé, je pense le 1er octobre 2003, et le magasin a ouvert le 6 décembre 2003. Et voilà... huit ans et demi après, on est toujours là.

Ce que je me suis toujours dit - et je crois que c'est valable pour tout - c'est qu'à partir du moment où tu n'as pas peur de travailler, tout ce que tu risques c'est de réussir. Si demain je fais faillite, je ne dis pas que je ne serais pas déçue, mais si je dois aller travailler ailleurs, je le fais!

Comment trouvez-vous les idées pour vos vitrines?

Ça doit être un vieux reste de la création publicitaire ! Tous les stickers, toutes les phrases et les objets, c'est moi qui les trouve. L'avantage d'être sur un coin est qu'on a beaucoup de vitrines. Mais les vitrines sont très grandes, et même si je mets des sacs ou des choses comme ça, les objets ont l'air assez petits. Les stickers en format rond permettent de les recadrer, et avec les plus petits objets je trouve que c'est plus sympa, et en plus on regarde quand on passe.
Souvent les vitrines c'est au "feeling". Parfois je me dis qu'il faut que je mette plus de produits en avant, sans avoir vraiment un concept derrière. Et parfois il y a un objet qui arrive et qui me fait marrer, et que je trouve chouette de mettre en avant. Mais ce n'est pas toujours évident de trouver l'idée ! Je change les vitrines tous les mois, ou toutes les six semaines maximum.

Si vous pouviez ouvrir un magasin dans une autre ville, ça serait où?

New York ! Je pense que c'est la seule grosse mégalopole pour laquelle je serais prête à faire des sacrifices pour habiter là. Je ne serais pas prête à faire des sacrifices pour habiter à Paris, par exemple. La ville est magnifique, c'est pas ça la question, mais ça ne me tente pas. New York, par contre... J'aime bien être dans un de ces quartiers en plein ville, mais où tu as ce côté village. C'est un cliché de le dire, mais je trouve qu'il y a une énergie, vraiment, une énergie qu'il n'y a pas ailleurs. Il y a ça à Londres aussi, mais je trouve qu'il y a un côté plus dur à Londres. Ce que j'aime bien à Londres, c'est que les gens font un peu ce qu'ils veulent avec leur look, sans que personne - en tout cas dans les rues - les jugent. Mais je trouve qu'on a une qualité de vie à Bruxelles qui est vachement bonne. On a de moins en moins à envier aux autres capitales.

Quel est le rêve le plus fou que vous pourriez avoir pour Rose et My Table?

Eh bien, que l' on puisse mettre un jour sur nos sacs "Brussels - New York" ! Ça me ferait plaisir. Et peut-être Tokyo. "Brussels - New York - Tokyo". Ça serait pas mal...

Merci Elodie.

Infos pratiques :

Rue de L'Aqueduc, 56 (Rose) et 73 (My Table)
1050 Bruxelles

www.roseshop.be