Joris

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24-05-12

Joris

Joris

Quel bonheur de se retrouver dans cette charmante usine bruxelloise et de découvrir la fabrication de nos souvenirs d'enfance!

On a eu le privilège d'une visite guidée et particulière avec Hans Van den Driessche, petit-fils de Joris Van den Driessche. Cette entreprise familiale continue le même procédé de fabrication depuis son ouverture, et travaille aujourd'hui avec 17 employés.

Difficile de résister à l'appel d'une bonne petite gomme Joris pendant la visite....

Les bonbons sont faits pour le plaisir; est-ce que ça se ressent dans le travail de tous les jours?

Ça fait plaisir surtout si on reçoit beaucoup de mails avec des félicitations! On en reçoit environ un toutes les deux semaines. Je les imprime et les mets dans un classeur, je vais vous le chercher....

"J’ai 32 ans et depuis toute petite j'adore vos bonbons et je vous félicite pour la qualité irréprochable de vos produits qui ne changent pas au fil du temps et restent inégalable! Je vous félicite encore pour votre merveilleux travail."

"Je suis drogué de Joris!"

"Une des choses qui me manque le plus de Belgique, vos bonbons! Et oui, à quoi ça tient parfois! Ce sont mes petites Madeleines de Proust! Je me demandais pourquoi vous n'êtes pas sur le marché français! Made in Belgium a le vent en poupe en France, ne surferiez-vous pas sur la vague, parce-que les bonbons Haribo c'est pas bon! Clin d'œil de Provence, d'une petite belge attachée à ses racines!"

"On sent la qualité et la tradition dans ce petit bonbon. Le respect autant pour le produit que pour le client existe encore chez quelques fabricants."
...

Mais pour répondre à la question, oui, ça donne du plaisir de faire les bonbons! Evidement c'est pas toujours évident avec les prix de matière première, les prix de l'énergie et du transport qui augmente; on doit aussi augmenter les nôtres. Nos gommes dures sont faites avec de la gomme arabique qui vient du Soudan. Avec tous les problèmes qui sont là, c'est pas toujours facile. Et pour avoir toujours la même qualité, c'est un travail de tous les jours. Le bel exemple, c'est qu'on a fait il y a quelques années des tests en France - une dégustation - et les français m'ont dit "c'est le goût de mon enfance!" Alors qu’on n'a jamais été vendu en France! Ça veut dire que nous sommes restés dans la tradition.

D'où la réputation de la maison Joris du "fait maison"?

Tout à fait!

Quels sont les grands changements depuis 1938?

Beaucoup! Mon père a commencé avec son père dans une cuisine. Mon père a fait des études de pâtissier-boulanger-confiseur-chocolatier et mon grand-père était contremaitre dans une usine à Molenbeek. Ils ont commencé tous les deux. A l'époque ils faisaient de tout, des pralines, des dragées, des gommes, des sucres cuits, des nougats, ...

Mais avec la guerre, ils ne trouvaient que de la gélatine et du sucre, et ils ne pouvaient faire que des gommes. Après la guerre, les problèmes avec les matières premières étant toujours là, ils se sont spécialisés dans la gomme dure et la gomme tendre. Et c'est resté comme ça.

Depuis quelques années maintenant, nous avons créé une gamme bio et une gamme sans sucre. Qui commencent à devenir importantes.

Quel était le premier bonbon Joris? Existe-t-il toujours?

Les traditionnels. Les souris, les belga, et les gommes vertes. Mon père a fait les premiers pectoral brun, qui sont en partie fait avec un sirop que l'on fait nous-même. Les oursons sont très traditionnels à l'étranger, chez nous aussi, mais on vend toujours plus de souris que d'oursons.

Tout est très traditionnel, comme les citriques, les cerises lavées, les bouteilles de cola, les menthols. On ne ferait pas des gommes "Schtroumpfs" par exemple, ou des choses comme ça. Et comme on est très traditionnel, le client peut aussi comparer le produit d'aujourd'hui avec celui d'il y a 30 ans. S’ils sont identiques, c'est que la tradition et la qualité ont étés respectés.

Le top 10?

Les souris, mélimélo, oursons, gommes vertes, pectoral brun, les citros, carré de menthe, oursons acidulé, cerises lavés, belga.

La gomme arabique est-elle un des secrets pour faire un bon bonbon?

Oui. C'est une fibre soluble à 40%. Elle a comme avantage de se dissoudre complètement dans la bouche. C'est bon pour la gorge, bon pour les intestins, elle est pauvre en calorie et fait en sorte que le bonbon ne colle pas aux dents.

Comment créez-vous de nouveaux goûts?

On est très très traditionnel. Je dis toujours, les dix meilleurs goûts dans le monde - ceux qui se vendent le mieux - reste toujours les mêmes. Il y a beaucoup de bonbons, mais il faut faire un bonbon que la plupart des gens aiment. Ces 10 goûts sont menthol, eucalyptol, orange, citron, fraise, cerise, vanille, chocolat, anis et cola.

Quelles sont les différentes étapes dans la fabrication d'un bonbon?

D'abord on mélange dans de l'eau le sucre et le glucose, qu'on laisse cuire. Ensuite on mélange cela avec de la gélatine. Tout est chaud. Après on ajoute l'arôme, la couleur et l'acide citrique pour prononcer le goût. Ça passe au "mogule". Une machine imprime avec un moule en porcelaine la forme de la gomme, dans un coffret rempli de farine de maïs. Quand la forme est dessinée, la pâte est coulée dans ce "trou".

Gommes tendres doivent refroidir une nuit. Le lendemain on les démoule et on ajoute le sucre ou l'huile autour.

Pour les gommes dures, c'est le même procédé mais au lieu de gélatine, on utilise 40% de gomme arabique. Et c'est 25% d'humidité qui doit s'évaporer, donc on les met dans une étuve qui fait 70 à 80 degrés de 2 à 5 jours. Et ensuite le démoulage ...
Et puis l'emballage et le transport et les manger!

Pourquoi n'y a-t-il pas une boutique "Bonbons Joris"?

Parce-que on n'est pas Starbucks! Peut-être que 50 sortes de gommes c'est pas suffisant pour une boutique, hein! Il y a plusieurs boutiques qui ont nos produits mais elles ont 200-300 sortes de gommes.

On est diffusé en Hollande, Allemagne, France et Angleterre. On est dans 200 confiseries en Angleterre.

Il y a beaucoup de belges qui veulent exporter nos produits car pour eux ce sont les meilleurs. En Belgique nous sommes gâtés de la qualité et de l'assortiment de nourriture, mais on est trop modeste!

Merci Monsieur Van den Driessche.

Infos pratiques :