Le Belge

Interview

16-11-12

Edgar Kosma et Pierre Lecrenier

Edgar Kosma et Pierre Lecrenier

Le Belge est un projet BD conçut et écrit par Edgar Kosma et dessiné par Pierre Lecrenier. On adore retrouver chaque semaine une aventure du Belge dans Le Vif/L'Express puis sur le net - dans lequel on peut parfois se retrouver...

A prendre au premier, deuxième ou troisième degré, nous on est déjà fan!

Edgar Kosma et Pierre, comment vous êtes vous rencontrés?

E: On s'est rencontré par amis communs. J'avais le projet de faire cette BD depuis 3-4 ans… et que je voulais faire un jour! J'avais ça dans un petit coin... Donc j'ai cherché des dessinateurs, j'en ai rencontré deux ou trois avec qui ça n’avait pas trop marché. Chaque fois ça reprenais six mois, puis c'était remis au frigo.

P: Et un jour il est tombé sur le bon ...

E: Voilà, oui! L'ami commun m'a parlé de Pierre, nous a présenté, on a discuté, on a fait un pilote et voilà - c'était le dessinateur!

Comment travaillez-vous en collaboration?

E: Au début, il fallait définir le projet, définir les personnages, le style du dessin… Tout était possible. C'était surtout pour faire un pilote qu'on présentait au Vif L'Express. Maintenant que le projet est pris, c'est un autre défi - chaque semaine on doit trouver un bon gag qui fonctionne.

Mais de manière générale, je produis plutôt l'idée, le concept et les textes, Pierre dessine, puis on parle, il intervient, on échange des idées...

Edgar Kosma, comment vous est venu l’idée pour Le Belge?

E: Ça a commencé en délirant avec un pote sur les stéréotypes du Belge. Le Belge est un concept plutôt marrant, mais l'idée n'était pas de faire quelque chose sur la belgitude, on essaye justement de ne pas faire d'histoire sur les moules frites... On veut être plus subtil, on veut surprendre en n'amenant pas ce que les gens voudraient avoir.

Le Belge est un concept intéressant, c'est un concept qui pourrait disparaître aussi. Le Belge c'est un peu tout et n'importe quoi donc c'est assez riche.

Qu'est-ce qui vous inspire dans le peuple belge?

E: Deux choses, dans le projet. Il y a sa singularité - c'est à dire son rapport à l'immobilier, à la voiture, … le Belge cherche le confort. En même temps il y a le côté universel qu'on retrouve chez lui en tant qu'être humain.

Pierre, vous qui dessinez, quand Edgar vous a parlé de ses idées, aviez-vous tout de suite l'image de votre dessin?

P: Non, car je ne suis pas dessinateur mais graphiste, donc je fais de la BD comme un graphiste - c'est simplifié, ce sont plus des codes visuels que de la BD de mouvement.

Quand il m'en a parlé au début, je voyais le gros Belge cliché mais quand j'ai lu les premières phrases, j'ai vu le côté abstrait et absurde du Belge, de quelqu'un d'ordinaire.

Le concept du Belge?

E: Le Belge c'est Monsieur tout le monde, un homme avec sa femme, deux enfants, sa maison, sa voiture.

J'aime surprendre, donc j'aime qu'il y ait un décalage, que ça soit au niveau du dessin, du personnage, de l'humour. Il y a aussi le média qui détermine ce qu'on fait. On est dans un magazine d'actualité, donc par rapport à l'actu, on essaye de se mettre en relation avec l'évènement. Ce qui est chouette, car ça nous donne une contrainte!

P: Dans le Belge, il y a de l'humour mais il y a aussi un côté poétique, philosophique.

Est-ce qu'il y a une identité belge universelle?

E: Il y a deux communautés très différentes qui parlent deux langues! Le Belge n'existe pas, il est où francophone où flamand. Il n’y a pas un belge synthétique, sauf exception. Quand les francophones sont en vacances et qu'ils parlent du belge, ils ne parlent pas du belge, ils parlent du belge francophone, et pareil pour les Flamands.

Et puis il n'a pas que les deux communautés. Il y le fait de vivre en province, il y a plus de lien entre la province wallonne et flamande qu’avec Bruxelles. Le belge en majorité est plutôt provinciale, il aime sa petite maison, son chien… Le bruxellois quand il parle du belge, il parle d'une toute petite minorité.

P: Au fait il y a le Belge de Bruxelles, le Belge Wallon, le Belge Flamand!

Comment êtes vous arrivés au Vif/L'Express?

E: Tout simplement : je leur ai proposé le projet et ça a été accepté presque tout de suite! C'est un magazine de qualité et le plus lu en Belgique francophone. Et un magazine c'est bien, car c'est adapté, ça reste pendant une semaine sur la table du salon, c'est un meilleur papier, c'est en couleur.

Comment voyez-vous l'avenir pour Le Belge?

E: L'idéal serait de continuer avec le Vif l'année prochaine et de faire à la fin de la première année un album chez un éditeur, pour les fêtes de 2013.

P: Là c'est déjà un peu le rêve !

Merci Edgar et Pierre.

Infos pratiques :