Brasserie de la Senne

Interview

07-09-12

Brasserie de la Senne

Brasserie de la Senne

Tout a démarré en 2002... Bernard brassait dans sa cave et Yvan dans sa salle de bain!

Brassant chacun de leur côté, Yvan et Bernard ont décidé de s'associer en 2005, afin de créer la Brasserie de la Senne. Voulant mettre l'accent sur des bières de caractère, amères, non-filtrées et non-pasteurisées.

On a posé quelques questions à Bernard...

Quelle est la philosophie de la maison?

On doit redonner à Bruxelles une image de ville de la bière.

Avant de créer la brasserie, il n'y avait plus qu'une seule brasserie à Bruxelles, la Brasserie Cantillon. Quand on a créé la Brasserie de la Senne, on a doublé le nombre de brasseries dans la ville, ce qui ne c'était plus fait depuis mille ou deux milles ans. On est devenu, en termes de volume même, la brasserie la plus importante - ce qui est un petit peu absurde pour une jeune entreprise.

Le fait le plus marquant dans la création de la Brasserie de la Senne, c'est qu'il y ait de nouveau une volonté de faire un produit du terroir dans le milieu urbain.

Comment devient-on brasseur?

Il y a beaucoup de manières de devenir brasseur. On peut aller dans une école de brasserie par exemple. En l'occurrence Yvan et moi on a commencé par passion, on était brasseurs amateurs au départ. Yvan avait installé une brasserie dans sa salle de bain et moi dans ma cave. Etre brasseur, c'est un virus qu'on a attrapé adolescent.

Yvan et vous êtes amis d'adolescence?

Non, on s'est connu par la bière. On faisait tous les deux de la bière et vu qu'il n'y avait pas vraiment de brasseurs amateurs à Bruxelles, c'est comme ça que l'on s'est rencontré. Puis nos parcours professionnels ont un peu différé, et on s'est réunis il y a quelques années pour créer la Brasserie de la Senne.

Quelle était la première bière de la brasserie?

La Zinnebir.

Votre bière favorite?

Tout dépend du moment! Si je vous ai servi une Taras Boulba à 14h30, c'est je pense la meilleure à boire à 14h30! Un peu plus tard j'aurais servi une Zinnebir, et dans la soirée plutôt une Zwarte Piet ou une Jambe de Bois.

Combien de personnes travaillent à l'entreprise?

Actuellement on est cinq et on cherche des collaborateurs.

Y-a-t-il une petite histoire derrière le nom et l'étiquette de chaque bière? Je pense au Taras Boulba par exemple, qui est une histoire ukrainienne je pense?

Exactement! Comme vous m'avez parlé de la philosophie de la brasserie, redonner une brasserie à Bruxelles qui en avait plus qu'une. Dans le même état d'esprit, on veut offrir à Bruxelles une mythologie. Bruxelles n'a plus de légende, elle est au contraire déconsidérée souvent à ce niveau-là. Et nous on lui donne une mythologie pour rire - c'est un peu avec nos étiquettes qu'on a l'impression de contribuer à cet effort historique ! Car c'est vrai que chaque bière évoque peut-être un pan de la culture bruxelloise, mais sans se prendre au sérieux.

Qui dessine vos étiquettes?

Mon cousin, Jean Goovaerts.

Pourquoi la Belgique est si réputée pour ses bières?

C'est un pays où l'on trouve beaucoup de style de bières différentes. Je ne sais pas pourquoi, ça c'est une conjoncture historique. On a souvent l'impression en Belgique d'être les seuls à faire de la bière. Ce qui n'est pas vrai du tout! Le paradis de la bière est aussi l'Allemagne, l'Angleterre, l'Irlande, la Tchéquie. Ce sont des pays qui ont une culture brassicole énorme, mais c'est vrai qu'en Belgique on est très diversifié. Ce qui donne un aspect folklorique.

Vous êtes une entreprise bruxelloise; qu'est-ce que vous plaît dans cette ville?

A part le fait d'y être né, peut-être l'impression que tout est à faire. Une ville aussi importante dans un pays aussi important au niveau de la culture brassicole, où il n’y a presque pas de brasseries, c'est assez interpelant! Et où il y a moyen de créer une brasserie c'est pas mal non plus.

C'est à Bruxelles qu'il y a le plus gros marché de la bière et il y avait encore moyen d’y créer une brasserie quand on l'a fait. C'est peut-être ça qui me plaît - c'est l'ouverture de cette ville.

Merci Bernard.

Infos pratiques :